Voilà, en effet, un sanctifié judicieusement bien placé puisqu’il arrive en serre-file du cortège annuel des saints. C’est cette position qui le rend si populaire. Ne dit-on pas, en effet, « Du 1er janvier à la Saint-Sylvestre » pour désigner l’année ? Un dicton précise même : « Saint Sylvestre ne peut être qu'une fois l'an / C'est la veille du premier de l'an .... » Tout le monde, si je puis dire, lui fait sa fête même s’il ne le connaît pas.
Par ailleurs, dans certaines régions, on disait aux enfants que c’était le jour où les coqs pondaient leur seul oeuf de l’année ». Ne faut-il pas y voir un rapport avec l’an neuf, l’an nouveau mais aussi l’an / œuf, l’an n’œuf quand on fait la liaison…
Sinon, l’histoire nous apprend que saint Sylvestre a été pape de 314 à 335. Malheureusement, son pontificat est considéré comme – je cite « le plus vide du siècle », et cela par la faute de Constantin qui, ayant donné la liberté à l’Eglise en 313, s’arrogeait le droit de la gouverner.
On n’échappera pas non plus le 31 décembre à minuit – et c’est une bonne chose - à la tradition du gui. Déjà Pline l’Ancien, auteur d’une Histoire Naturelle en 37 volumes, et mort en 69 lors de l’éruption du Vésuve, raconte la cueillette du gui par les druides en Gaule.
Et l’on sait qu’en tranchant la touffe de gui, l’officiant clamait :
« O Ghel an Heu », ce qui veut dire : « Le blé germe ».
De déformation en déformation, on est arrivé à « Au gui l’an neuf ». Et cet appel déclenchait des dons et des étrennes, selon une tradition déjà en usage à Rome aux calendes de janvier, peu après les fêtes des Saturnales, le carnaval des Romains.
Ainsi, le gui toujours vert constitue le vivant et visible symbole de cette perpétuelle renaissance de la vie après la mort hivernale.
Je vous souhaite la plus sylvestre et la plus réjouie des journées…