Bonjour, Stéphane, et bonjour à tous les auditeurs.
Honneur aujourd’hui aux libraires, aux papetiers, aux imprimeurs, aux typographes et, somme toute, à tous les utilisateurs de main et de clavier…
En effet, si l'usage des étrennes vient des Romains, l’habitude des cartes de voeux devrait provenir de l’Extrême-Orient. Elles sont tantôt agrémentées de quelques mots de politesse, tantôt vierges de toute mention. Elles sont envoyées aux personnes avec qui l'on a eu commerce de parenté, d'amitié ou d'affaires pendant l'année.
En Orient, figurez-vous, les cartes étaient de grandes feuilles de papier de riz, dont la dimension augmentait ou baissait suivant l'importance du destinataire.
Plus proche de nous, la distribution des cartes de voeux à Stuttgart, était autrefois le prétexte d'une scène piquante : pendant l'après-midi du premier de l'An, sur une place publique, se tenait une sorte de foire ou de bourse aux cartes de visite. Tous les domestiques de bonne maison et tous les commissionnaires de la ville s'y donnaient rendez-vous, et là, grimpé sur un banc ou sur une table, un crieur faisait l’annonce des adresses. A chaque nom proclamé, une nuée de cartes de visite tombait dans un panier disposé à cet effet, et le représentant de la personne à laquelle ces cartes étaient destinées pouvait, en quelques minutes, emporter son plein contingent. Chacun agissait de même, et, au bout de peu d'instants, des centaines, des milliers de cartes peut-être, étaient parvenues à leur destination, sans que personne ne se soit fatigué les jambes.
L'usage des cartes de visite du Nouvel An est apparu assez tard chez nous. Au XIXe siècle, nos arrière-arrière-grands-parents ont pris pour carte de visite une carte à jouer, y inscrivant leur nom et déposant ce petit billet dans le trou de la serrure. Cela s’appelait : billet de visite. Peut-être pour ne plus devoir l’accomplir ?
Aujourd’hui, avec l’apport de la photographie, des photocopieuses et des outils informatiques, les bristols sont de plus en plus sophistiqués. Et puis, désormais, comme le chante Maurane, il pleut en cette période des e-mails et beaucoup de SMS.
Je vous souhaite alors la plus communicative et la plus causante des journées.