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Noël

 

Bonjour à vous et bonjour à tous les auditeurs. Et nous voici déjà à l’approche de la Noël, qui célèbre l’anniversaire d’une naissance. Celle de celui que les chrétiens considèrent comme un enfant-Dieu, un Dieu fait homme, un Dieu qui se fait petit, humble et fragile et qui naît dans une mangeoire à Bethléem. Ce détail n’est pas anodin : il annonce littéralement que ce Dieu se donnera lui aussi à manger : c’est là une préfiguration du mystère eucharistique, Bethléem signifiant aussi – mais est-ce un hasard ? - la Maison du Pain.
Aux IIIe et IVe siècles, la Noël était fêtée le 6 janvier. C’est dire qu’il y avait coïncidence entre la Nativité et l’Epiphanie. Puis, avec Constantin, l’Eglise d’Occident distinguera les deux événements et placera la naissance du Christ le 25 décembre (aux environs du solstice d’hiver) qui correspondait aux fêtes païennes de la lumière. Le symbolisme est simple : passer de l’obscurité de la Noël - les jours sont au plus court - à la clarté de Pâques. Ces fêtes païennes étaient les saturnales, fête du dieu agraire Saturne, et les fêtes du “ soleil invaincu ” d’origine perse.
Autour de la Noël s’est très vite développé tout un symbolisme. La « crèche », par exemple, nous vient de l’allemand “ krippe ”, mangeoire. On vénérait, à Bethléem, une grotte qui aurait été celle de la Nativité. Une copie en bois a été réalisée pour l’église Sainte-Marie-Majeure, à Rome, au Ve siècle. Au Moyen Age, des jeux vivants se sont multipliés dans les églises d’Italie. Mais il revient à saint François d’Assise d’avoir utilisé dans les Abruzzes une grotte pour donner des représentations tout à fait animées. C’est au XVIe siècle que l’on voit apparaître des statues de bois grandeur nature ; au XVIIe siècle, les sculptures rapetissent et s’installent dans les demeures aristocratiques italiennes, puis dans toutes les familles.
Le sapin, le gui, le houx sont des symboles d’éternité : ils demeurent toujours verts. A l’arbre pendant des pommes et même dans certains pays des oranges. Toute la décoration semble vouloir triompher des ténèbres : les guirlandes, les boules, les papiers dorés et argentés, et les bougies. Originellement, ces dernières étaient au nombre de 12 : une par mois de l’année. Les objets de paille tressée rappellent l’abondance des récoltes.
Morceau d’arbre fruitier (gage d’abondance) ou de chêne (pour la robustesse), la bûche est placée avec cérémonie. Comme en Provence où elle est disposée par le plus jeune et le plus âgé. Elle doit brûler toute la nuit de Noël au moins. Parfois, on l’arrose de vin ou d’huile. Ceux-ci symbolisent les bonnes récoltes. On y jette aussi du sel, pour éloigner les sorciers. Dessert de réveillon par excellence, la bûche remplace bien sûr celle des cheminées.
Que vous dire de plus ? Si ce n’est que votre Noël soit baigné et inondé de lumière !
Jean-Luc Dubart
http://www.dubart.fr.st
http://usersbelgacom.net/Grande_Procession_Tournai
jldubart@swing.be